Suivant la ligne du gouvernement central, la Generalitat a modifié la fiscalité de l'Impôt sur les Transmissions Patrimoniales (ITP) pour l'achat de logements. Le changement, qui était annoncé depuis un certain temps, augmente les taux d'imposition, rendant la Catalogne l'endroit le plus cher d'Espagne pour acheter un logement.
Auparavant, l'ITP avait deux tranches :
-
10 % pour les logements jusqu'à un million d'euros.
-
11 % pour des prix supérieurs.
Avec la nouvelle réforme, quatre tranches ont été ajoutées, qui pénalisent les acheteurs avec une plus grande capacité d'achat :
-
10 % jusqu'à 600.000 €.
-
11 % entre 600.000 € et 900.000 €.
-
12 % entre 900.000 € et 1.500.000 €.
-
13 % pour des prix supérieurs.
Cette augmentation est particulièrement notable si l'on compare avec d'autres communautés autonomes comme Madrid, le Pays Basque ou l'Andalousie, où l'ITP oscille entre 6 % et 7 %. Il est encore plus paradoxal qu'aucune réduction n'ait été proposée pour les logements à coût inférieur, par exemple, dans des tranches de 0 € à 300.000 €, ce qui pourrait faciliter l'accès à un premier logement pour les jeunes et les familles.
Le message aux grands investisseurs
L'ITP à 20 % pour l'achat de biens immobiliers entiers et pour les grands détenteurs est ce qui inquiète le plus. À cela s'ajoute la suppression de la réduction de 70 % dont bénéficiaient les entreprises immobilières pour les biens qu'elles achetaient, reformaient et vendaient dans un délai de trois ans.
Ces mesures envoient un message clair aux investisseurs : "Nous ne voulons pas de votre argent en Catalogne, allez investir ailleurs". C'est une grave erreur, issue d'une vision dogmatique de la part des responsables de ces lois. Sous la prémisse que ceux qui ont de l'argent sont "mauvais" et doivent être punis, on chasse l'investissement en un moment critique.
La logique, dans une situation de crise du logement comme celle actuelle, dicterait le contraire. Après plus d'une décennie sans une politique de logement efficace et avec une loi sur le logement déficiente, la solution n'est pas de punir, mais d'offrir des conditions attractives, des incitations fiscales et une sécurité juridique pour attirer l'investissement, y compris étranger, et ainsi favoriser la construction de logements destinés à la location à long terme.
Dans les mois à venir, il est probable que nous entendions les responsables se plaindre du manque de logements à louer, en blâmant le capitalisme. Cependant, les véritables responsables du manque d'investissement dans le logement sont ceux qui, avec leur dogmatisme, pensent qu'en punissant les investisseurs, on augmentera le parc de logements à louer.
![]()

